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    Le Vietnam est désormais un pays à revenu intermédiaire supérieur : ce que signifie la mise à jour de la Banque mondiale de 2026 pour vous

    Kylie Nguyen
    Kylie NguyenCo-founder at Easytiger.vn · 21 juillet 2026 · 17 min de lecture
    Le Vietnam est désormais un pays à revenu intermédiaire supérieur : ce que signifie la mise à jour de la Banque mondiale de 2026 pour vous

    Dans cet article

    • Alors, que signifie réellement « upper middle income » ?
    • Quelle est la taille actuelle de l’économie du Vietnam ?
    • Pourquoi l’ascension du Vietnam diffère de celle de ses voisins
    • Le Vietnam n’a pas été le seul à être promu cette année
    • Les vents arrière qui travaillent en faveur du Vietnam
    • Ce que cette amélioration ne résout pas
    • Les vingt prochaines années : le Vietnam peut‑il atteindre le statut de pays à revenu élevé d’ici 2045 ?
    • Foire aux questions

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    Le 1er juillet 2026, la Banque mondiale a placé le Vietnam dans la catégorie à revenu intermédiaire supérieur, plusieurs années avant son objectif. Voici ce qui a réellement changé et ce que les deux prochaines décennies exigeront.

    Dans cet article8
    • Alors, que signifie réellement « upper middle income » ?
    • Quelle est la taille actuelle de l’économie du Vietnam ?
    • Pourquoi l’ascension du Vietnam diffère de celle de ses voisins
    • Le Vietnam n’a pas été le seul à être promu cette année
    • Les vents arrière qui travaillent en faveur du Vietnam
    • Ce que cette amélioration ne résout pas
    • Les vingt prochaines années : le Vietnam peut‑il atteindre le statut de pays à revenu élevé d’ici 2045 ?
    • Foire aux questions

    En 1986, la personne moyenne au Vietnam gagnait environ 95 US dollars par an. Pas par mois. Par an.

    Le pays était alors parmi les plus pauvres du monde, encore en reconstruction après des décennies de guerre, largement isolé de l'économie mondiale, et sur le point de prendre un pari que peu de ses voisins s'attendaient à voir porter ses fruits. Cette année-là, la direction du Vietnam a lancé Đổi Mới, signifiant Renouveau, une décision ambitieuse d'ouvrir une économie fermée, planifiée centralement, aux marchés, à l'entreprise privée et au commerce extérieur.

    Près de quarante ans plus tard, ce pari a atteint un nouveau jalon. Le 1er juillet 2026, la Banque mondiale a publié ses classifications annuelles de revenu des pays, le rapport qui classe chaque économie du monde dans l'une des quatre catégories de revenu. Le revenu national brut (RNB) par habitant du Vietnam, le chiffre exact utilisé par la Banque pour ce classement, avait atteint 4,970 US dollars en 2025. Ce chiffre a franchi le seuil de 4,636 dollars fixé pour le statut de revenu intermédiaire supérieur, et le Vietnam est sorti du groupe à revenu intermédiaire inférieur qu'il occupait depuis 2009.

    Placez ces deux chiffres côte à côte, 95 dollars alors et 4,970 dollars aujourd'hui, et le revenu par habitant du Vietnam est aujourd'hui plus de cinquante fois supérieur à celui de l'époque du lancement de Đổi Mới. C’est le type de chiffre qui explique beaucoup de ce que nous, résidents et travailleurs ici, observons depuis des années : le prix d'un appartement à deux rues d'ici qui grimpe plus vite que la plupart des salaires, d'énormes nouveaux parcs industriels qui s'élèvent à l'extérieur de Hanoï et de Hai Phong où il y avait des rizières il y a dix ans, et un nombre croissant de chefs d'entreprise avec qui nous échangeons qui ne se demandent plus s'ils doivent s'implanter au Vietnam, mais seulement à quelle vitesse ils peuvent le faire.

    Ce n’est pas le premier jalon que le Vietnam a atteint en avance sur le calendrier cette décennie, et ce ne sera pas la dernière conversation que nous aurons sur ce qui suit. Voici ce que signifie réellement la reclassification, comment le Vietnam est arrivé là plus rapidement que presque tout le monde dans la région ne l’avait prévu, ce que cela change ou ne change pas pour les personnes qui construisent quelque chose dans cette économie, et ce que les vingt prochaines années demanderont au pays.

    Vietnam en un coup d’œil 2025

    Note : le Bureau des statistiques nationales indique un chiffre d'affaires du commerce de biens de 2025 de 930.05 billion US dollars. Le 4e classement en ASEAN se réfère au PIB ; par population, le Vietnam est le troisième plus grand de l'ASEAN.

    Alors, que signifie réellement « upper middle income » ?

    Une fois par an, la Banque mondiale classe les économies du monde en quatre groupes de revenu : revenu faible, revenu moyen inférieur, revenu moyen supérieur et revenu élevé. Le classement ne repose pas sur le PIB, le chiffre que la plupart des gens consultent en premier. Il repose sur le revenu national brut (RNB) par habitant, une mesure légèrement plus large qui part du PIB et l’ajuste en fonction des flux monétaires entrants et sortants du pays. Un ingénieur vietnamien qui envoie des économies chez lui depuis un projet à l’étranger augmente le RNB du Vietnam. Un fabricant étranger rapatriant les bénéfices d’une usine à Binh Duong (aujourd’hui partie de Hô Chi Minh‑Ville) les soustrait, même si cette même usine a ajouté au PIB du Vietnam dès qu’elle a produit quoi que ce soit. La Banque convertit le résultat en dollars US en utilisant ce qu’elle appelle la méthode Atlas, une formule qui moyenne les taux de change sur trois ans pour lisser les fluctuations monétaires, puis divise par la population.

    Pour le cycle de classification entré en vigueur le 1er juillet 2026, les seuils sont fixés à 1 175 dollars ou moins pour le revenu faible, de 1 176 à 4 635 dollars pour le revenu moyen inférieur, de 4 636 à 14 375 dollars pour le revenu moyen supérieur, et tout au‑dessus pour le revenu élevé. Le RNB par habitant du Vietnam est passé de 4 490 dollars en 2024 à 4 970 dollars en 2025, franchissant confortablement la barre.

    La Banque mondiale a attribué ce bond au modèle de croissance tiré des exportations du Vietnam. Les exportations ont augmenté de plus de 15 % en 2024 et en 2025, tandis que le PIB a progressé de 7 % puis de 8 % au cours de ces deux années, la performance consécutive la plus forte que le pays ait enregistrée depuis 2011. En élargissant davantage le regard, le RNB a crû en moyenne d’environ 10 % par an entre 2021 et 2025, un rythme que la Banque elle‑même a décrit comme l’un des plus soutenus de la région.

    Tout cela n’est pas simplement une étiquette de communiqué de presse. La classification détermine quels pays peuvent encore accéder aux prêts concessionnels et à l’aide au développement, et elle constitue le repère que les gouvernements, les agences de notation et les investisseurs utilisent pour suivre l’évolution réelle d’une économie au fil du temps. C’est également, discrètement, l’une des réponses les plus concrètes à une question que l’on nous pose constamment : le Vietnam est‑il toujours une frontière émergente, ou est‑il devenu autre chose ? En juillet 2026, la réponse de la Banque mondiale est officielle.

    Parcours de classification du revenu du Vietnam, 1986‑2025

    Remarque : les données actuelles de la Banque mondiale indiquent que le RNB par habitant du Vietnam en 2022 était de 3 980 dollars US. La Banque mondiale ne publie aucun chiffre du RNB par habitant selon la méthode Atlas pour le Vietnam en 1986 ; le chiffre de 95 dollars est une estimation rapportée dans les médias vietnamiens.

    Quelle est la taille actuelle de l’économie du Vietnam ?

    Le RNB par habitant vous renseigne sur le revenu. Il ne vous informe pas sur l’échelle, et l’échelle est l’élément qui change ce qui est réellement possible au sein d’une économie : combien d’emplois elle peut soutenir, combien de capital elle peut absorber, quelle voix elle a à la table régionale.

    Selon le propre décompte du Bureau national des statistiques (appelé Bureau général des statistiques jusqu’en mars 2025), le PIB du Vietnam a atteint environ 514 milliards de dollars US en 2025, contre 476,3 milliards en 2024, soit environ 48 % de plus que les 346,6 milliards de dollars enregistrés en 2020. Cela place le Vietnam à la 32ᵉ place des plus grandes économies mondiales, cinq rangs au‑dessus de 2020, et à la quatrième place en ASEAN, ayant dépassé les Philippines en 2024. Seules l’Indonésie, Singapour et la Thaïlande le devancent désormais dans la région.

    PIB du Vietnam, 1990‑2025

    Remarque : les données de la Banque mondiale indiquent que le PIB du Vietnam s’élevait à environ 31,2 milliards de dollars US en 2000, à 147,2 milliards en 2010 et à 346,6 milliards en 2020.

    Placez côte à côte les trente‑cinq dernières années et la forme de la courbe est réellement inhabituelle. L’économie du Vietnam valait environ 6,5 milliards de dollars en 1990, quelques années après les réformes Đổi Mới (Renouvellement) qui ont ouvert le pays à une économie de marché. En 2000, elle avait multiplié sa taille d’environ cinq fois pour atteindre près de 31,2 milliards de dollars. En 2010, elle avait de nouveau presque quintuplé, à 147,2 milliards. En 2020, elle s’était de nouveau plus que doublée, à 346,6 milliards. Et au cours des cinq années suivantes, elle a de nouveau crû d’environ la moitié, pour atteindre 514 milliards. Peu d’économies croissent à ce rythme pendant une décennie, encore moins pendant quatre consécutives.

    Pourquoi l’ascension du Vietnam diffère de celle de ses voisins

    L’échelle explique ce que l’économie du Vietnam peut faire aujourd’hui. Le rythme explique pourquoi l’étiquette de revenu moyen supérieur est apparue maintenant plutôt que dans une décennie, et le rythme constitue réellement la partie la plus marquante de cette histoire.

    Examinez la croissance du revenu par habitant dans l’ASEAN entre 1986, l’année où le Đổi Mới a commencé, et 2023, et l’amélioration du Vietnam est la plus importante du bloc de loin : une hausse de 44 fois, devant le gain de 30 fois du Myanmar, de 15 fois du Cambodge, et les gains d’environ six à dix fois enregistrés par Singapour, l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines et la Malaisie sur la même période.

    Course de croissance de l’ASEAN : qui a grimpé le plus vite

    Le point de départ rend l’ascension plus facile à visualiser. En 1986, le revenu par habitant du Vietnam était d’environ 95 dollars par an, parmi les plus bas au monde à l’époque. En 2009, il était monté à environ 1 120 dollars, suffisant pour franchir le seuil du revenu moyen inférieur. À partir de là, il a fallu environ quinze ans pour gravir le prochain échelon vers le revenu moyen supérieur. À titre de comparaison, la Thaïlande a mis 22 ans pour réaliser le même saut, et les Philippines 30 ans. Le Vietnam a désormais effectué les deux passages suivis par la Banque mondiale, du revenu faible au revenu moyen inférieur et de ce dernier au revenu moyen supérieur, plus rapidement que la plupart de la région n’a réussi à le faire pour l’un ou l’autre.

    Le Vietnam n’a pas été le seul à être promu cette année

    Il convient de dire clairement que le Vietnam n’a pas accompli cela seul, et la compagnie qu’il a tenue ce cycle est réellement instructive. Quatre autres économies sont passées du revenu moyen inférieur au revenu moyen supérieur aux côtés du Vietnam : la Jordanie, dont le RNB par habitant a atteint 5 260 dollars, les Philippines à 4 850 dollars, la Micronésie à 4 760 dollars et le Sri Lanka à 4 670 dollars. Un sixième pays, le Togo, a grimpé un échelon différent, du revenu faible au revenu moyen inférieur, principalement grâce à un recensement de la population qui s’est avéré plus petit que les estimations précédentes une fois le recensement de 2022 finalisé. Sur les 218 économies évaluées par la Banque mondiale cette année, ce sont les six seules à avoir progressé, et aucune n’a régressé.

    Ce qui fait que la promotion du Vietnam se démarque même au sein de ce groupe, c’est la manière dont elle a été obtenue. Le bond de la Jordanie s’est appuyé fortement sur un rebasage des comptes nationaux qui a montré que son économie était déjà environ 10 % plus grande que les estimations antérieures. Celle du Sri Lanka était une histoire de redressement, remontant des profondeurs de son effondrement économique de 2022. Les Philippines ont obtenu leur amélioration grâce à une croissance large et répartie dans presque tous les secteurs plutôt qu’à une industrie phare. Le Vietnam est le seul des cinq dont le récit repose sur un moteur d’exportation et de fabrication fonctionnant à plein régime depuis plusieurs années, sans révision statistique ni rebond de crise pour faire le gros du travail.

    Cette distinction compte plus qu’elle n’en a l’air. Le Rapport sur le développement mondial 2024 de la Banque mondiale a constaté que depuis 1990, seules 34 économies à revenu moyen dans le monde sont parvenues à atteindre le statut de revenu élevé, et plus d’un tiers d’entre elles y sont parvenues grâce à l’intégration à l’Union européenne ou à la découverte de nouvelles richesses pétrolières, des raccourcis qui ne sont pas envisageables pour le Vietnam. Quoi que le Vietnam fasse à partir de maintenant, il devra le faire à la dure.

    Les vents arrière qui travaillent en faveur du Vietnam

    Rien de tout cela n’est arrivé par accident, et les mêmes forces qui ont produit cette reclassification continuent d’agir sous‑jacent à l’économie aujourd’hui.

    La plus visible est la classe moyenne. Elle représentait environ 13 % de la population du Vietnam en 2023 et devrait atteindre près de 26 % d’ici la fin de l’année, doublant en moins de trois ans et ajoutant plus de 25 millions de nouveaux consommateurs, ce qui serait l’expansion la plus rapide de toute l’Asie du Sud‑Est. Elle s’accompagne d’une mise en garde qu’il faut dire honnêtement : les recherches de la Banque mondiale ont constaté que près de 40 % des personnes qui intègrent la classe moyenne du Vietnam retombent dans une tranche de revenu inférieur en seulement deux ans, rappelant que cette nouvelle classe de consommateurs compte plus de membres qu’elle n’a de marges d’épargne.

    La pauvreté, quant à elle, continue de diminuer. La part de la population vivant avec moins de 3,65 dollars par jour, seuil de pauvreté extrême de la Banque mondiale pour une économie à revenu moyen inférieur, est passée de 14 % en 2010 à moins de 4 % en 2023.

    Les investissements directs étrangers sont restés remarquablement résilients malgré tout. Les IDE enregistrés ont atteint 38,42 milliards de dollars en 2025, et le capital déboursé, c’est‑à‑dire l’argent réellement arrivé et mis en œuvre, s’est élevé à 27,62 milliards de dollars, en hausse de 9 % par rapport à l’année précédente et constituant le chiffre de décaissement le plus élevé depuis cinq ans. Le secteur manufacturier à lui seul a attiré plus de la moitié du capital nouvellement enregistré, avec Singapour, la Chine, Hong Kong et le Japon comme principales sources.

    Et puis il y a le simple poids démographique. Avec une population de plus de 101 millions d’habitants, le Vietnam n’est plus seulement une plateforme d’exportation. Il devient un marché de consommation à part entière, suffisamment grand pour que les marques mondiales commencent à planifier autour de lui plutôt que par son intermédiaire.

    Ce que cette amélioration ne résout pas

    Un statut de revenu moyen supérieur n’équivaut pas à une vie plus facile, et il serait malhonnête d’écrire cet article sans le préciser.

    Le frottement le plus immédiat est le coût de la vie, le logement en tête de liste. Les prix des appartements à Hô Chi Minh‑Ville ont augmenté d’environ un quart d’une année sur l’autre jusqu’au dernier trimestre 2025, certains segments grimpant nettement plus vite, et Hanoï a connu une pression similaire. Selon certaines estimations, un appartement typique de 70 m² dans l’une ou l’autre ville coûte aujourd’hui à un jeune professionnel l’équivalent de 20 à 25 années de revenu, un ratio qui serait considéré comme une crise dans la plupart des économies développées. Pour les personnes et les entreprises étrangères avec qui nous travaillons, cela se traduit par une hausse des loyers, des négociations salariales plus difficiles et un écart grandissant entre les chiffres de croissance affichés et ce que les gens ressentent réellement dans leur budget mensuel.

    On observe également un changement plus discret dans la manière dont le monde finance le Vietnam. La reclassification n’éteint pas le financement concessionnel du jour au lendemain (le Vietnam a déjà quitté la fenêtre concessionnelle de la Banque mondiale IDA en 2017 et emprunte désormais aux conditions non concessionnelles de l’IBRD), mais la tendance s’oriente vers moins de financement bon marché au fil du temps, et non plus, ce qui augmente le poids des marchés de capitaux vietnamiens et des investissements privés pour financer la prochaine phase de croissance. C’est en partie la raison pour laquelle les responsables parlent ouvertement du développement d’un véritable marché obligataire d’entreprise, afin que les entreprises disposent d’une réelle alternative aux prêts bancaires lorsqu’elles souhaitent se développer, plutôt que de s’appuyer sur le crédit bancaire pour presque tout, comme l’économie le fait encore aujourd’hui.

    La productivité est le problème le plus difficile sous-jacent à tout cela. Les économistes vietnamiens ont souligné que la productivité totale des facteurs, c’est‑à‑dire la part de la croissance provenant d’un travail plus intelligent plutôt que simplement plus de travail ou d’investissement, doit dépasser 60 % de la croissance globale pour que l’économie continue de croître à la vitesse requise. Les dépenses en recherche et développement restent relativement faibles par rapport aux pays de la région, et une grande partie des exportations du Vietnam se situe encore au stade de l’assemblage et de l’emballage des chaînes d’approvisionnement mondiales plutôt qu’au niveau de la conception ou de l’ingénierie, où se trouvent les véritables marges.

    La réponse du Vietnam à ce dernier problème est sa stratégie semiconducteurs, formalisée dans la Décision 1018/QD‑TTg en septembre 2024, qui vise 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires industriel et 50 000 ingénieurs formés d’ici 2030, ainsi que la première usine de fabrication de wafers du pays, déjà approuvée et en construction. C’est un pari ambitieux visant à monter dans la chaîne de valeur plutôt qu’à simplement ajouter davantage de lignes d’assemblage, et il ne faut encore que très peu de temps.

    Superposé à tout cela, un horloge démographique tourne désormais dans le sens inverse. La part de la population vietnamienne de plus de 50 ans est passée d’environ 18 % en 2010 à environ 26 % en 2025, et la fenêtre de main‑d’œuvre jeune et à bas coût qui a alimenté les quatre dernières décennies ne restera pas ouverte indéfiniment.

    Les vingt prochaines années : le Vietnam peut‑il atteindre le statut de pays à revenu élevé d’ici 2045 ?

    Nous avons écrit dans un article précédent, Le Vietnam vous appelle, que le gouvernement s’était engagé à atteindre le statut de revenu moyen supérieur d’ici 2030, avec pour objectif une croissance annuelle de 10 % pour le reste de la décennie. Le Vietnam a désormais franchi cet objectif environ quatre ans avant son propre calendrier, ce qui montre comment ce gouvernement a tendance à fixer des objectifs : ils semblent fonctionner comme des planchers, pas comme des plafonds.

    La prochaine étape est plus ambitieuse. Le Vietnam vise à devenir un pays à revenu élevé d’ici 2045, date du 100e anniversaire de la fondation du pays. Pour y parvenir, le RNB par habitant doit dépasser le seuil de revenu élevé de la Banque mondiale, actuellement supérieur à 14 375 dollars, ce qui implique de quasiment tripler le niveau actuel en deux décennies. Cela représente une croissance soutenue du revenu par habitant d’environ 6 % par an, chaque année, pendant vingt années consécutives, un rythme que peu d’économies ont réussi à tenir aussi longtemps sans trébucher sérieusement en chemin. Une projection à plus long terme présentée par le Premier ministre à l’Assemblée nationale en 2018 visait encore plus haut : un revenu par habitant de près de 18 000 dollars d’ici 2045, bien au-delà du strict minimum nécessaire pour franchir le seuil.

    Que le Vietnam y parvienne dépendra de quelques éléments déjà abordés dans cet article : augmenter la part de la valeur qui reste dans le pays grâce aux exportations tirées par les IDE plutôt que de la rapatrier sous forme de profit, accroître la part de la productivité dans la croissance au lieu de s’appuyer sur toujours plus de capital et de main‑d’œuvre, développer des marchés de capitaux suffisamment profonds pour financer la prochaine génération d’entreprises vietnamiennes, et bâtir une véritable capacité dans les technologies de base qui ne sont pas externalisées. Rien de tout cela ne se fait en pilote automatique. Rappelez‑vous, seules 34 économies dans le monde ont réalisé ce saut exact depuis 1990, la plupart avec l’aide que le Vietnam n’aura pas.

    Pour ceux d’entre nous qui dirigent des entreprises ici, tout cela n’est pas abstrait. Cela se traduit par le coût du prochain appartement, la vigueur du prochain marché de l’emploi, la valeur du prochain contrat avec un partenaire étranger qui suit ces mêmes indicateurs. Le Vietnam vient de prouver qu’il peut atteindre un jalon plusieurs années avant son propre calendrier. Les deux prochaines décennies détermineront si cela devient la norme ou l’exception.

    Vous avez des questions sur ce que ce changement signifie pour votre entreprise, vos investissements ou votre déménagement au Vietnam ?

    Contactez Easytiger.vn et nous vous aiderons à y réfléchir.

    Cet article a uniquement un but informatif et éducatif et ne constitue pas un conseil financier, d’investissement ou juridique. Les données économiques et les objectifs gouvernementaux sont susceptibles d’être révisés. Consultez un professionnel qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.

    Foire aux questions

    Oui. Le 1er juillet 2026, la Banque mondiale a fait passer le Vietnam du groupe à revenu intermédiaire inférieur au groupe à revenu intermédiaire supérieur dans ses classifications de revenu des pays pour l'exercice 2027, applicables du juillet 2026 à juin 2027. La décision repose sur le revenu national brut (RNB) par habitant du Vietnam en 2025, de 4,970 US dollars (méthode Atlas), en hausse par rapport à 4,490 dollars en 2024, ce qui a franchi le seuil de 4,636 dollars.

    Pour l'exercice 2027 (du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027), la Banque mondiale classe les économies selon le revenu national brut (RNB) par habitant en US dollars, méthode Atlas : revenu faible ≤ 1,175 dollars, revenu intermédiaire inférieur de 1,176 à 4,635 dollars, revenu intermédiaire supérieur de 4,636 à 14,375 dollars, et revenu élevé au‑delà de 14,375 dollars. Les seuils sont mis à jour chaque 1er juillet et ajustés à l'inflation à l'aide du déflateur du Special Drawing Rights.

    Le PIB mesure ce qui est produit à l'intérieur du Vietnam, tandis que le RNB ajoute les revenus que les résidents perçoivent à l'étranger et soustrait les revenus versés, comme les bénéfices rapatriés par les entreprises étrangères. La Banque mondiale classe les pays selon le RNB par habitant converti avec sa méthode Atlas, qui lisse les fluctuations des taux de change. En 2025, le RNB Atlas par habitant du Vietnam était de 4,970 US dollars, tandis que le Bureau des statistiques nationales indiquait un PIB par habitant d'environ 5,026 dollars.

    La Banque mondiale a attribué ce passage à une croissance soutenue, tirée par les exportations. Les exportations du Vietnam ont augmenté de plus de 15 percent en 2024 et en 2025, le PIB a progressé d'environ 7 percent et 8 percent au cours de ces années, et le RNB s'est développé en moyenne de 10 percent par an entre 2021 et 2025. Le Bureau des statistiques nationales indique une croissance du PIB en 2025 de 8.02 percent.

    Cinq économies sont passées du revenu intermédiaire inférieur au revenu intermédiaire supérieur le 1er juillet 2026 : Jordanie, Micronésie, les Philippines, Sri Lanka et le Vietnam. Le Togo est passé du revenu faible au revenu intermédiaire inférieur, principalement parce que son estimation de population a été révisée à la baisse après le recensement de 2022. Aucune des 218 économies évaluées n’a reculé.

    Pas directement, car le Vietnam s'était déjà désengagé. Le Vietnam a quitté l'International Development Association (IDA), branche de prêts concessionnels de la World Bank, au cours de l'exercice 2017 et a depuis emprunté auprès de l'International Bank for Reconstruction and Development (IBRD) à des conditions non concessionnelles. Les groupes de revenu constituent une classification analytique, tandis que l'éligibilité à l'IDA est déterminée à l'aide de son propre seuil de revenu distinct et de sa solvabilité.

    Le PIB du Vietnam en 2025 était d'environ 12,847.6 trillion dong, équivalent à environ 514 billion US dollars, selon le Bureau des statistiques nationales du ministère des Finances. Le PIB a progressé de 8.02 percent, un taux dépassé uniquement en 2022 sur la période 2011 à 2025, et le PIB par habitant a atteint environ 125.5 million dong, soit 5,026 dollars.

    D'ici 2045. La résolution du 13e Congrès national du Parti en 2021 a fixé les objectifs de revenu intermédiaire supérieur d'ici 2030 et de pays développé à revenu élevé d'ici 2045. Pour l'exercice 2027, la ligne de revenu élevé de la Banque mondiale correspond à un RNB par habitant supérieur à 14,375 US dollars, soit près de trois fois le chiffre de 4,970 dollars du Vietnam en 2025.

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